Pas question ici d'énumérer les événements historiques, tubes musicaux ou inventions de cette époque (l'article de Wikipédia le fait très bien), mais plutôt de décrire une ambiance, une idéologie, une "couleur" propre à cette décennie, bref des tendances fortes. On associe généralement le flower power aux années 70, comme on disait que les "eighties" étaient les années fric ; mais les années 90 ?
Pendant les années 90 règne le nouvel ordre mondial. Traduction : après l'effondrement de l'URSS (entre 1989 et 1991), les Ricains sont tout puissants et dominent la planète.
L'expression "nouvel ordre mondial" a été prononcée pour la première fois par Bush père en 1990 (précisément le... 11 septembre 1990 !). Aux début des années 2000, Bush fils a inauguré le "nouveau désordre mondial".
Cette décennie 90 est celle du triomphe du libéralisme, dans tous les sens du terme. Chute du mur de Berlin, donc victoire du "monde libre" ; les Etats-Unis règnent en maître et imposent le libéralisme ; à leur tête, Clinton, un liberal ; en France, Madelin et son parti Démocratie libérale sont en vue ; une certaine libéralisation des moeurs, aussi... Les années 90 sont donc les années libérales. Mais c'était déjà les années techno ? Bon, ben alors les années techno-libérales.
Dans deux mois, entre les deux tours de la présidentielle, on aura sûrement droit à un débat Ségolène Royal - Nicolas Sarkosy. Du déjà vu, en fait. En 1993 !
Au début de l'année 1995, c'était sûr et certain : Balladur sera élu président. Les sondages étaient formels... A ce sujet, un site propose, pour la présidentielle d'aujourd'hui, de mentir aux sondeurs, afin de limiter leur pouvoir... En attendant, on résiste pas à l'envie de revoir Balladur fêtant sa victoire :
Dans Faut-il avoir peur de l'Amérique ? (Seuil), l'historienne Nicole Bacharan écrit :
« Pour l'Amérique, les années 1990 furent une "parenthèse enchantée" : une période de prospérité et de règne incontesté sur la scène mondiale. Bien sûr, cette force écrasante, sans contrepoids, inquiétait à nouveau le reste du monde : que se passerait-il si les Etats-Unis en faisaient mauvais usage ? Mais George Bush père tout comme Bill Clinton produisaient une impression plutôt rassurante. Tous deux avaient mis en sommeil le bouclier antimissile. Ils ne rêvaient pas d'un empire, mais d'un "nouvel ordre mondial" où l'Amérique rassemblerait les nations pour résoudre ensemble les crises. » C'est vrai qu'on râlait, à l'époque. Mais juste avant c'était Reagan, et juste après ça a été Bush fils. Peut-être qu'on n'avait pas conscience de notre bonheur.
Personne n'a oublié cette image de 1995 : Chirac dans sa CX, au soir de sa victoire. Le 6 mai prochain, quel véhicule transportera l'heureux(se) élu(e) ?
8 janvier 1996 : mort de François Mitterrand. Ah bon ? C'est sûr ? Aujourd'hui pourtant, à l'occasion de la campagne présidentielle, il anime plusieurs blogs, ici ou là. On peut même le voir réincarné là.
Nicolas Sarkozy est "né" dans les années 1990. En 1993, il est pour la première fois ministre ; cette même année, il va négocier avec "Human Bomb" dans la maternelle de Neuilly ; tout cela le fait connaître du grand public. En 1995, certain de l'élection de Balladur, il trahit Chirac. Ce dernier lui a bien sûr entièrement pardonné, comme le prouve cette allocution :
1995, avec la victoire annoncée de Balladur, marque la première grosse gifle faite aux sondeurs. Une seconde sera donnée en 2002. Pourtant, en cette veille de premier tour, jamais élection n'aura fait réaliser autant de sondages (environ 250 publiés). Le politologue Alain Garrigou s'insurge :
Comme Nicolas Sarkosy, c'est dans les années 90 que François Bayrou se fait connaître du grand public : ministre pour la première fois en 93, soutient de Balladur en 95, de nouveau ministre ensuite, président de l'UDF en 98... Aujourd'hui, il est au top :
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